Flashback : Les îles féroés... (Lobé)

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Au prix de maints efforts, de bakchichs démesurés pour nos salaires, d'opération commando en pleine nuit (à bouffer planqués dans la bagnole des sandwichs et des paquets de chips en sirotant de l'Adelscott, c'est vous dire la haute gastronomie !) Votre rédaction a réussi à arracher quelques pages du Journal Intime de Raymond (Domenech). Elles concernent le match contre les Féroés ! Vu de l'intérieur et des yeux du coach, comment les Bleus ont vécu ce déplacement périlleux (je parle pas du match, faut pas abuser quand même !) et en bleu:
"LA CONQUETE DES FEROES :

Départ de de l'aéroport de Villacoublay, je suis inquiet car c'est quand même provoquer la grande faucheuse en lui faisant des bras d'honneur. C'est là que reviennent les otages français et les corps des soldats morts pour la patrie. En parlant de ça, Marlet, il est devenu quoi ? Il faut que je vérifie pour savoir s'il attend un appel pour sa participation à l'Euro ou pas...

Ensuite on a fait une halte à Aberdeen. Je voulais être sûr qu'on aurait assez de carburant pour se réchauffer sur la banquise en cas de crash. Ribéry s'est tourné vers moi: "Finalement on a fait le plein en Écosse, hein, coach?" Ah lui, quand il se lance dans l'humour, il est parfois lourdingue...

Bon, il parait que les pilotes sont spécialement préparés aux amerrissages et aux atterrissages sur les parkings des Monoprix, mais quand même. Vu l'effet glaçon que ça a jeté, on a cru qu'on sentait déjà le doux climat féroeen, féroien, féroeun... eh merde, je sais même pas comment ça s'écrit ! Enfin le climat de là-bas quoi... Faut que je dise à Michel Platini que c'est bien beau son idée d'élargir mais on se retrouve à passer pour des cons à la télé parce qu'on ne sait pas prononcer le nom local

Après avoir vainement essayé de se poser, on a dû se replier sur Bergen vers 23 heures. Et là, galère l'intendant me répond qu'il n'y a pas de chambres libres, nulle part, mais c'est normal : il faudrait encore qu'il y ait un hôtel dans ce bled paumé. Govou propose de loger chez l'habitante en allant "pécho en boîte". L'idée n'est pas mauvaise en soi mais il y a 2 problèmes :

1) Je fais comment moi ? Parce que si Estelle apprend ça, ça va mettre l'ambiance au retour, surtout depuis l'épisode du SMS de Giuly. D'ailleurs, faut que je pense à appeler mon pote de la DST, qu'il jette un coup d'oeil sur l'encours de com. d'Estelle...

2) Et Ribéry, il fait comment ? S'ils le connaissent pas là-bas, dès qu'il va sourire et approcher une gonzesse, c'est les flics qui vont débarquer... Il va se retrouver en pension complète dans le seul hôtel du patelin, celui de police...

Finalement, on a trouvé une auberge de jeunesse mais ils m'ont demandé un supplément pour moi, vu que je ne rentrais pas dans la catégorie concernée. Je note ! Faudra que je pense à dire au président de la FFF d'organiser un match à la con, pardon amical, contre l'équipe de Bergen et de les loger dans un centre de formation de footballeurs, en leur faisant payer un supplément vu qu'eux aussi ne rentrent pas dans la catégorie...

Le lendemain matin, Thierry Henry était très énervé au petit-déjeuner, on lui avait embarqué son nécessaire de rasage. Il gueulait qu'il allait perdre sa prime Gillette s'il jouait avec une barbe de deux jours.

Pour gagner du temps, j'ai décidé de faire mon speech pendant le vol mais ça n'a pas duré longtemps. Tout le monde a arrêté de m'écouter quand le pilote a annoncé qu'il allait essayer d'atterrir à Thorshavn et que les hôtesses ont sorti leurs chapelets en chantonnant "Plus près de toi, Mon Dieu..."

Après deux tentatives, on a enfin vu la terre sous le brouillard, mais elle était si près que Gallas est devenu hystérique. Il a détaché sa ceinture et s'est mis torse nu, les bras en croix en gueulant : "On va devenir mythiques, comme les Busby Boys !"

C'est devenu franchement surréaliste quand Ribéry a essayé d'ouvrir la porte de l'appareil. On s'est mis à plusieurs pour le ceinturer, heureusement que j'ai pas emmené Valbuena, on n'aurait jamais pu l'attraper lui.... Il a ensuite crié que c'était moi qui lui avais dit d'aller jouer sur l'aile. Je l'ai pris à part en lui disant qu'il n'était quand même pas aussi con que ça... Il m'a répondu que non et j'ai vu un sourire démoniaque se dessiner lentement sur son visage. Parfois, il me fait flipper quand même, j'aimerai pas le rencontrer en pleine nuit dans une rue déserte et sombre...

... Retour vers Paris : Bon, on a fait le match qu'il fallait, pas de quoi se transcender non plus... ! Qu'est-ce que je vais bien pouvoir trouver à dire aux journaleux pour valoriser notre match ? Qu'est-ce que j'ai noté moi... Ah si, l'avantage de Titi Henry, c'est que dès qu'il a un ballon à l'entrée de la surface, il cherche à tirer. L'inconvénient de Titi, c'est que dès qu'il a un ballon à l'entrée de la surface, il cherche à tirer... Non, je ne peux pas dire ça ! Quoi d'autre ? Que réussir à retrouver la sélection après 3 saisons au PSG, c'est le plus grand exploit de la rencontre, celui de Rothen ? Non, je ne peux pas dire ça non plus... Bah, on verra bien, j'improviserai, comme pour tout et comme d'hab ! On a réussi à aller en finale de la Coupe du Monde avec cette méthode, pourquoi je changerai ?..."

Lobé :)