Peu de gens connaissent l'histoire réelle de l'AJA
Tout partit d'un marin d'origine sud-américaine prénommé Santiano !
Il naviguait sur un Trois-Mats, plutot fameux d'ailleurs...
Il était préposé à la Grand'Voile et ses 17 coéquipiers lui scandait souvent : Hisse, et Haut, Santiano !!
Tout se passait bien jusqu'à l'embarquement d'un passager prénommé Hugues, dont on lui avait demandé de prendre soin et de le mettre au frais
Et ce passager, devant ce spectacle quotidien humain, décidé d'en faire une chanson, tristement célèbre...
Nous noterons d'ailleurs le manque de respect envers l'équipage, notamment dans les paroles suivantes : "Hisse et Oh, Santiano, 18 noeuds, 400 tonneaux..."
Ce n'est pas parce qu'il avait 17 copains marins comme lui qu'il fallait le traiter de cette sorte, et certes, ils éclusaient parfois un tonneau, mais de là à laisser entendre qu'ils en vidaient 400, c'est un peu abuser...
Devant tant de mépris et d'humiliation (bien que ces marins ne tenaient pas une bande de rôles), relayé auprès de la population qui chantait aussi cette chanson dès qu'on le croisait, notre Santiano décida d'accoster définitivement et de rester à terre.
Sans point de chute précis, il erra à travers la campagne française, exerçant de menus boulots par çi-par là... Jusqu'à son arrivée en Bourgogne (il mit d'ailleurs tellement de temps à y arriver qu'on le traita d'escargot, ce qui est devenu une expression de renommée mondiale, preuve du charisme de notre héros)
Désireux de se refaire une identité, il demanda qu'on l'appelle Mr O dorénavant
A force de fréquenter une petite auberge paumée, il devint un personnage connu et apprécié des autochtones.
Et le patron de l'auberge se retrouvant un jour à court de personnel, lui proposa de travailler pour lui et de s'installer définitivement dans ce coin. Faut dire que finalement, on l'aimait bien le O, et on le tutoyait avec facilité, tellement il était simple et humble. O se plaisait dans ce boulot qui le valorisait socialement.
Tous n'hésitaient à lancer d'ailleurs des phrases rentrées dans la légende : "O, serre moi un coup à boire !" ou encore "O, serre moi un demi !"
Tout le temps, c'était du "O serre..." Voilà, l'étymologie est faite !
Mais cela ne s'arrête pas là !
O, comme tout sud-américain, aimait le football, et décida qu'il était temps d'apprendre ce sport aux indigènes du coin. Il montra sa virtuosité à manier un ballon au pied, et peut-être dû à son charme de gaucho de la pampa, à peut-être à la sympathie qu'il inspirait à tous et à son statut social, il réussit à séduire une mignonne petite blonde du pays ! "Belle des Champs", même qu'on l'appelait.
Elle se baladait, proposant ses fromages à qui en voulait, avec sa chemise à carreaux sur les épaules, sa main levée saluant les passants et son sourire Email Diamant. Elle succomba au charme de O, l'épousa et décida de mettre sa renommée et son image au service du projet d'équipe de football !
Mais les années passant, le Temps s'avéra cruel. Des filles plus jeunes et jolies commençaient à la supplanter auprès de la populace, notamment un certaines Perrette ! C'est vrai qu'avec sa petite jupe volant au vent, sa silhouette fine, elle séduisait davantage que notre Belle des Champs avec sa chemise à la Charles Ingalls et son pantalon de campagnarde... Les ventes déclinaient, les spots TV n'étaient plus proposés, Belle des Champs disparue de la scène médiatique dans l'indifférence générale. Qui se souvient encore d'elle ?? Je suis sur que vous devez faire un effort, à supposer même que vous l' ayez connu...
Belle tenta bien un dernier sursaut d'orgueil. Elle se dit qu'elle devait associer son image à un personnage connu et afficher la couleur : elle se tourna vers la politique, mais Michel Noir déclina la proposition. Pour le cinéma, Michel Blanc avait un calendrier trop chargé. Dans le monde du foot, Laurent Blanc n'était qu'au début de sa carrière et avait d'autres priorités. Elle se rabattit donc vers le seul qui lui restait : Guy Roux. C'était pas sa couleur préférée, mais fautes de grives...
Et le choix s'avéra judicieux : le club ne cessa de monter, rejoignant l'élite (les litres comme disait O), gagnant quelques Coupes (et pas que de champagne) jusqu'au titre de Champion de France notamment, avec 1 devise : "L'objectif, c'est le maintien !", la phrase que disait Belle à chaque fois qu'elle regardait sa poitrine dans un miroir.
Ainsi démarra l'épopée bourguignonne décidée par O et confiée par lui au fringuant jeune Roux, de ce petite patelin qu'on appela "O serre..." en hommage à l'expression favorite des gens envers notre héros. Un jeune stagiaire de mairie, fils d'un éleveur local de poulets, recruté là par hasard (ce qui est un peu le mode de fonctionnement du club d'ailleurs depuis quelques années), se planta dans l'orthographe et écrivit Auxerre, parce qu'il trouvait l'écriture plus d'jeun's ! Le stade fut baptisé "Le Stade de la Belle des Champs" (enfin, je crois..) et le sigle fut AJA, car notre Guy disait sans arrêt aux joueurs :"Aja dit qui fallait pas gâcher la cristalline !" ou encore "Aja mis la blanquette et le kir au frais !".
D'ailleurs, le vin, boisson chère à notre O, s'appela alligoté en hommage au coach qui surveillait de près ses jeunes joueurs, pour les empêcher d'aller traîner en boîte notamment avant les matchs
Et même si les protagonistes ont changé, le club vit sur cet héritage spiritueux, pardon spirituel, et reste une place renommée du foot François !
Lobé